Le long de nos côtes, l'érosion prends un peu de terrain chaque année. À Beausoleil, un projet propose une réponse qui travaille avec la nature plutôt que contre elle : les Côtes vivantes. Depuis plusieurs étés, plusieurs résidents et bénévoles retroussent leurs manches pour redonner aux rivages les moyens de se défendre par eux-mêmes.
Le projet en bref
Les Côtes vivantes (« Living Shorelines ») sont une approche de restauration côtière menée par le Groupe de développement durable du Pays de Cocagne (GDDPC), en partenariat avec la Communauté rurale de Beausoleil.
L'expertise technique vient de Rosmarie Lohnes et de son équipe de Helping Nature Heal, une entreprise de la Nouvelle-Écosse spécialisée dans la restauration des écosystèmes. Le principe est simple : protéger les terres côtières et riveraines en imitant la nature, presque entièrement à la main, avec un minimum d'intervention mécanique.
Les ateliers et les chantiers se déroulent sur plusieurs zones côtières de notre région.
Comment ça protège nos rivages
Plutôt que de couler du béton ou d'empiler de l'enrochement (le « riprap »), l'approche des Côtes vivantes mise sur des matériaux vivants et naturels. Concrètement, le travail combine quelques techniques complémentaires :
Des clôtures de fascines : des branches de saule et d'aulne tressées et fixées au sol forment une barrière souple qui freine les vagues et ralentit le ruissellement des eaux de pluie.
Des plantes indigènes : l'ammophile (foin de dune) plantée au bas des talus retient le sable avec ses racines, tandis que saules, aulnes, rosiers, iris et quenouilles stabilisent les pentes plus hautes.
Des branches et de la paille : déposées autour des plantations, elles protègent les jeunes plants le temps qu'ils s'enracinent.
Avec le temps, les racines tissent un véritable filet vivant qui tient le sol en place. Le rivage gagne en résistance face aux vagues, aux ondes de tempête et aux fortes pluies, tout en restant souple et capable de s'adapter.

Pourquoi c'est important pour Beausoleil
Notre municipalité est façonnée par l'eau, et les tempêtes se font plus fortes avec les changements climatiques. Que vous habitiez ou non au bord de l'eau, nos rivages font partie de ce qui nous unit. Les Côtes vivantes offrent une façon durable et abordable de les protéger ensemble.
Cette approche présente plusieurs avantages pour les résidents :
- Elle ralentit l'érosion qui menace les terrains, les sentiers et les accès à l'eau.
- Elle absorbe mieux les ondes de tempête et le ruissellement, ce qui réduit les dégâts lors des grandes marées.
- Elle recrée des habitats naturels pour les oiseaux, les pollinisateurs et la vie côtière. Le Parc communautaire à Cocagne est d'ailleurs reconnu comme un site important pour les oiseaux migrateurs.
- Elle transmet un savoir-faire concret aux propriétaires riverains, qui peuvent appliquer ces méthodes chez eux comme solution de rechange à l'enrochement.
Une communauté à l'oeuvre
Le projet repose avant tout sur la participation.
Du 26 au 28 août 2025, à Notre Centre de Grande-Digue, plus de 25 participants ont fourni au-delà de 165 heures de travail collectif. Ensemble, ils ont planté près de 200 végétaux et installé une centaine de mètres de clôture en trellis.
Les 3 et 4 juin 2026, à la Marina de Cocagne, une vingtaine de représentants de groupes environnementaux ont consacré plus de 120 heures à entretenir les installations construites depuis 2023. La clôture de fascines a été renforcée et environ 280 plants ont été mis en terre, dont 144 plants d'ammophile et une centaine de boutures de saule.
Et ce n'est qu'un aperçu : depuis 2021, des centaines de personnes ont contribué à restaurer nos rivages, atelier après atelier.
En leurs propres mots
«Incroyable ce que le travail collectif peut accomplir en face d'une tâche / un projet d'envergure comme celui réalisé au parc communautaire et en si peu de temps.»
— Participante (2021)
« En proposant une solution qui utilise et imite la nature, nous encourageons la conservation d’un environnement naturel, ainsi que le maintien de l’écosystème local et de sa biodiversité »
— Jérôme Légère, coordonateur de programme au GDDPC
« C’est merveilleux de voir ces transformations : d’une pelouse toute rasée et d’un mur de pierres en ruine, on passe à un espace bien plus durable, dynamique et abondant. »
— Rosmarie Lohnes, Présidente de Helping Nature Heal
Comment vous impliquer
Les Côtes vivantes, c'est un projet qui se construit ensemble, année après année. Que vous soyez propriétaire riverain curieux d'une solution naturelle, ou simplement une personne qui aime mettre la main à la terre, il y a une place pour vous lors des prochains ateliers.
Pour en savoir plus sur le projet, les rapports annuels ou les dates des prochains ateliers, communiquez avec le Groupe de développement durable du Pays de Cocagne au 506-576-8247 ou visitez ecopaysdecocagne.ca.
Ce projet est rendu possible grâce au Fonds en fiducie pour l'environnement du Nouveau-Brunswick, à Nature NB, au Réseau environnemental du Nouveau-Brunswick et à la Communauté rurale de Beausoleil.